Protocole Hanche

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La Dysplasie coxo-fémorale (DCF)  par le Pr. Genevois

résumés de présentations effectuées à l'occasion des 11èmes Rencontres Eleveurs Canins/Vétérinaires du Congrès AFVAC de Nantes le 28 novembre 2013.

DCF Dépistage précoce : cliquez ici

DCF Maladie héréditaire : cliquez ici

DCF Politique d'élevage : cliquez ici

Causes

Définition :

C'est une anomalie de développement de la hanche qui mène éventuellement à la dégénérescence de celle-ci. La hanche normale se présente comme une boule et une cavité ressemblant à une attache de caravane. Lors de la dysplasie de la hanche, l'articulation est souvent peu profonde et la tête fémorale est petite et déformée. La dysplasie de la hanche est une maladie complexe dont les causes ne sont pas totalement éclaircies, bien que différents facteurs de risque aient été identifiés.

Caractère héréditaire :
On estime actuellement à 50 % les facteurs d'hérédité pouvant s'exprimer par l'apparition d'une dysplasie. Il semble néanmoins que les facteurs d'environnement influencent fortement son aggravation.

Croissance et gain de poids rapide et précoce :
Les chiens à croissance rapide sont beaucoup plus sensibles à cette pathologie que les autres .

Alimentation :
Elle joue un rôle prépondérant soit par un excès de minéraux, de vitamines, soit par un excès de calorie entraînant une surcharge pondérale et une sollicitation plus importante de l'articulation, d'où sa déformation.

Activité :
En permettant au chien une activité sportive trop importante pendant sa période de croissance, la sollicitation articulaire et osseuse exagérée peut favoriser une dysplasie coxale fémorale.

Musculature :
A l'inverse, une forte musculature du bassin peut compenser les faiblesses ligamentaires et masquer une dysplasie. En citant ces diverses causes prédisposantes, nous comprenons que l'excès peut nuire autant que l'insuffisance et qu'un régime soigneusement équilibré associé à une activité bien menée sera primordiale.

Prédispositions raciales :
De tous ces facteurs découle une sensibilité plus ou moins forte selon la race. Les races lourdes à croissance rapide payeront le plus lourd tribu à cette affection (léonberg, terre neuve, saint bernard, bull mastiff etc.). Les races légères et musclées seront moins atteintes (lévrier, berger belge, pointer )

 

Symptômes

Ils varient beaucoup en fonction de l'âge du chien.
 

  • Moins de trois mois :

Il est très rare de voir des symptômes, mais le chiot fortement atteint peut paraître maladroit à cause de l'instabilité de la hanche.
 

  • De trois à six mois :

Cette instabilité s'aggrave et la démarche du chiot devient de plus en plus chaloupée, les premières douleurs surviennent, elles peuvent déjà être mises en évidences par l'hyper extension forcée.
 

  • De six mois à un an :

Les douleurs occasionnent des boiteries unilatérales ou bilatérales en en fonction de l'atteinte. Le chien montre un début d'ankylose et une réticence à l'effort, souvent le train arrière est amaigri et le bassin anguleux.
 

  • De un an à six, sept ans :

Les symptômes peuvent s'estomper, voire même disparaître, le chien, toujours en fonction du degré de dysplasie peut mener une vie tout à fait normale s'il n'y a pas d'excès d'activité.
 

  • Au dessus de sept ans :

Les signes d'arthrose sont apparus et le chien peut se remettre à boiter surtout après un effort. Il peut, si les lésions sont importantes, boiter en continu dans les dernières années de sa vie. Il restera néanmoins toujours capable de se lever, l'arthrose n'a jamais paralysé un chien !
 

  • Diagnostic :

Le seul critère objectif de la dysplasie coxale fémorale est la radiographie du bassin. Pour être interprétable, cette radiographie doit être pratiquée selon un processus bien défini : ce protocole nécessite l'anesthésie du chien, un positionnement bien particulier et une image radiologique parfaite. Sur une radio, on évalue la coaptation de la tête du fémur dans l'acétabulum (c'est à dire la façon dont elle s'emboîte dans la cavité).

 

POSITION POUR RADIO


altStade A :
aucun signe de dysplasie.

Stade B :
stade intermédiaire : mauvaise coaptation tête fémorale/acétabulum; angle Norbert Olson > 105°.

Stade C :
Dysplasie légère : mauvaise coaptation avec angle Norbert Olson > 100°.

altStade D :
Dysplasie moyenne : mauvaise coaptation avec signe d'arthrose.

Stade E :
Dysplasie grave : luxation ou subluxation de la tête fémorale avec arthrose.

 

  • Bassin normal :

- La tête du fémur est grande, ronde et s'adapte parfaitement dans la cavité.
- Le col du fémur est bien dessiné et ses contours sont lisses.
- Les rebords de la cavité sont lisses.
- L'acétabulum (cavité) est profond et couvre plus de 50 % de la tête du fémur.
- L'espace articulaire entre la boule et la cavité est égal dans toutes sa longueur, car elles s'imbriquent étroitement l'une dans l'autre.

  • Bassin légèrement dysplasique :

- La tête du fémur est relativement petite et aplatie : elle ne correspond pas à la cavité.
- Le col du fémur n'est pas clairement discernable de la tête.
- Les rebords de la cavité deviennent légèrement irréguliers (signe précoce de l'arthrose).
- L'acétabulum (cavité) est peu profond et couvre moins de 50 % de la tête du fémur.
- L'espace articulaire entre la boule et la cavité est large et inégal à cause de la mauvaise imbrication des deux élément (instabilité et sub-luxation).

  • Bassin arthrosique :

- La tête et le col du fémur sont très déformés et il est très difficile de distinguer l'un de l'autre. Les bords sont rugueux à cause de la déformation d'ostéopytes.
- Les rebords de l'acétabulum sont devenus irréguliers et apparaissent plus blanc sur une radiographie à cause de la formation d'os nouveau autour de l'articulation (ostéophytes).
- L'espace articulaire est devenu extrêmement irrégulier, car la tête du fémur et l'acétabulum ont perdu du cartilage. Une perte complète de cartilage s'accompagne de douleur.